Les adieux à la reine – Review

Benoît Jacquot, France, 2012
Scénario : Benoît Jacquot, Gilles Taurand d’après le roman éponyme de Chantal Thomas
Avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen, Noémie Lvovsky

Mon avis tout à fait perso et subjectif. Peut contenir d’éventuelles traces de spoilers.
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Résumé : En 1789, l’aube de la Révolution. Versailles continue de vivre dans l’insouciance et la désinvolture, loin du tumulte qui gronde Paris. Sidonie est la lectrice de Marie-Antoinette, à qui elle voue une admiration aveugle. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive à la cour, elle est témoin de la panique qui s’empare du château et menace de la séparer de sa reine adorée.

Je sais ce que tu te dis. Un film français, en costumes d’époque, sur la Révolution et la vie à la cour de Versailles, ça risque pas d’être un peu lourd sur la digestion, ça ? Est-il bien sage de tenter de le regarder après 21h ? Les oreillers sont-ils fournis avec ?

loutre sommeil

Eh bien, rassure-toi, il ne s’agit pas d’une grande fresque historique empesée. Plutôt le contraire, en fait. La grande histoire sert surtout de toile de fond à la petite, celle de trois femmes qui forment un triangle « amoureux » que la prise de la Bastille est sur le point de faire éclater (oui, bon, ça allait pas être Fast & Furious non plus). Il y a d’abord Sidonie (Léa Seydoux), la jeune lectrice de la reine, entièrement dévouée à sa maîtresse et qui semble nourrir des « sentiments troubles » à son égard (J’ai lu cette formulation quelque part et j’adore. Euphémisme quand tu nous tiens ! Mais j’y reviendrai plus loin). Marie-Antoinette (Diane Kruger), reine controversée et isolée, tant elle est entourée de courtisanes sans vergogne, s’est, elle, prise d’une « amitié très forte » pour Gabrielle de Polignac (Virginie Ledoyen) qui, de son côté, semble porter beaucoup d’amour… à ses propres intérêts. Alors, évidemment, quand la révolution gronde et que les sans-culottes menacent de délester les aristos de leur tête, il va falloir faire des choix et montrer pour qui on a le plus de désir loyauté.

Pas de panique, il n’est pas question de réécrire l’histoire de France – ni même d’en faire une reconstitution fidèle, d’ailleurs. Le film est adapté d’un roman de Chantal Thomas de 2002 qui se présente comme une œuvre de fiction. Si le livre brosse un tableau de  Versailles et de la société française à l’aube de la Révolution, le film, qui n’a pas le luxe de pouvoir durer 250 pages, se concentre sur la relation (romancée) entre les trois femmes. Et on peut débattre de la nature de cette relation si on veut. On peut dire qu’elles ont des « sentiments troubles », des « amitiés très fortes » et tous les euphémismes de la terre. Après tout, elles n’échangeront jamais plus qu’un baiser chaste sur les lèvres. N’empêche que la tension – sexuelle – entre elles est à peu près équivalente à celle du parc de générateurs électriques à un festival de trash metal. Et la passion qui dévore certaines va devenir une arme de manipulation pour d’autres.

Si Sidonie (qui n’a pas existé, contrairement aux autres) est le personnage principal du film et les « yeux » au travers desquels on vit les évènements des 14, 15 et 16 juillet 1789 (comme l’explique très bien cette critique), la véritable héroïne de l’histoire, c’est Marie-Antoinette, incarnée par Diane Kruger. L’actrice allemande y campe avec un accent français quasi-impeccable, une reine qui peut être capricieuse et inconsistante mais qui est aussi une femme blessée, accablée de solitude, désespérée et vulnérable qui est tombée éperdument amoureuse de la seule personne « qui n’a jamais essayé de lui plaire ». (Dans la vraie vie, elle était éperdument amoureuse d’Axel de Fersen, bel aristocrate suédois dont tu as beaucoup entendu parler si comme moi, tu regardais Lady Oscar quand tu étais petit, mais elle était effectivement très copine avec la Polignac).

Conclusion : moi qui craignais un truc un peu poussiéreux avec des mecs poudrés façon drag queen et des intrigues à n’en plus finir, je me suis retrouvée devant un film qui m’a donné envie de ressortir mes VHS de Lady Oscar, et avec en plus une histoire de filles qui aiment d’autres filles en secret. Et je ne peux pas dire que ça m’a déplu.

Note perso : 7/10

Et toi, tu t’es endormi l’as vu ? T’en as pensé quoi ?

2 réflexions sur “Les adieux à la reine – Review

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