Top 6 des films avec des serial killers… des quoi ?

Juste parce qu’aujourd’hui, j’ai bossé sur un reportage trop rigolo sur le meurtre de Sara Hulbert par Bruce Mendenhall AKA le Prosti-Shooter, un tueur en série tout kawaii qui trucidait les prostituées sur les parkings des relais-routiers et autres aires d’autoroute avant de les balancer toutes nues dans des poubelles, je me suis dit que j’allais égayer ta vie à toi aussi en dressant le top 6 de mes films préférés avec des serial killers… Des quoi ? 

ATTENTION, SPOILERS PROBABLES

6 – COPYCAT
Jon Amiel, USA, 1995

Scénario : Ann Biderman, David Madsen
Avec Sigourney Weaver, Holly Hunter, Dermot Mulroney, Harry Connick, Jr.

Affiche Copycat

Dans les studios hollywoodiens, les producteurs, ils se prennent pas la tête. Déjà, ils ont pas le temps, ils sont occupés à palucher des actrices. Et ensuite, parce que chercher des idées, tout ça, c’est pas leur job. Eux, ils sont là pour faire du fric, pour pouvoir faire d’autres films – et palucher d’autres actrices. Du coup, quand il y en a un qui a une idée qui cartonne, les autres, ils sont pas cons, ils font pareil. Dans les années 90, la bonne idée, c’était de sortir un thriller sur un serial killer avec dans le rôle principal une belle actrice terrifiée à l’idée de se faire palucher par le producteur serial killer. Comme quoi, tout se tient. Après Jodie Foster dans Le Silence des agneaux, Ashley Judd dans Le collectionneur ou encore Angelina Jolie dans Bone Collector, en 1995, c’est au tour de Sigourney Weaver de s’y coller. Seulement voilà, au bout d’un moment, on commence à tourner en rond. Pas de panique, Hollywood a la solution : il suffit d’aller encore PLUS loin. Un serial killer, c’est bien, mais deux, voire trois voire trois demi-douzaines, c’est PLUS mieux !

Copycat, c’est le summum du PLUS : c’est l’histoire d’un serial killer (Harry Connick, Jr. qui, le reste du temps, est plutôt un sympathique chanteur et pianiste de jazz) dont le mode opératoire, c’est de copier les modes opératoires d’autres serial killers. Une sorte de serial killer au carré. Et celle qu’il veut faire flipper avec ses délires de serial killer qui copie les serial killers, c’est – ça tombe trop bien – une spécialiste des serial killers ! (Sigourney Weaver qui, le reste du temps, flippe plutôt qu’une bestiole lui crève le bide). C’est génial, c’est comme au Scrabble, serial killer compte triple ! On rajoute par-dessus ça deux flics (Holly Hunter, parce qu’elle vient de gagner un Oscar pour la Leçon de piano et Dermot Mulroney avec son éternelle tête de benêt) qui vont essayer de choper le serial killer en l’appâtant avec l’experte en serial killers et le tour est joué. Le résultat, c’est un thriller qui hésite pas à en faire des tonnes (PLUS !) mais qui reste bien ficelé et fleure bon la VHS et le film du dimanche soir sur TF1.

 

5 – LES YEUX DE LAURA MARS (Eyes of Laura Mars)
Irvin Kershner, USA, 1978

Scénario : John Carpenter, David Zelag Goodman
Avec Faye Dunaway, Tommy Lee Jones, Raul Julia

les-yeux-de-laura-mars-irvin-kershner-1979

Si le titre te rappelle une chanson, mauvaise nouvelle : tu as des goûts musicaux discutables et surtout, tu commences à te faire vieux. (Pour les enfants parmi nous, je vous laisse juges : LA) Le film d’Irvin Kershner, surtout connu, comme la jaquette du DVD croit bon de nous le rappeler, pour avoir réalisé L’Empire contre-attaque, commence lui aussi à se faire vieux. La preuve, il s’ouvre sur un montage de plans flous façon David Hamilton et Barbra Streisand qui s’égosille. Sortez le brushing et les épaulettes, ça va être kitsch ! Pour autant, on peut compter sur John Carpenter pour nous pondre un scénario sur des thèmes qui eux, n’ont pas pris une ride : la tyrannie de l’apparence, la glorification de la violence et le voyeurisme de notre société de consommation. On l’a compris, John, le disco, il trouve ça décadent. Du coup, son héroïne, Laura Mars, interprétée par Faye Dunaway tout en brushing et en épaulettes elle-même, est photographe de mode à New York. Et elle est contente, elle, elle trouve ça cool de baigner dans le New York du Studio 54, de Blondie et de Basquiat et d’entretenir, du bout de son objectif, ce culte de l’apparence qui file des complexes aux boutonneux comme John. Elle s’en tape, Faye, des complexes, elle en a pas – puisqu’elle un brushing et des épaulettes, je viens de te le dire.

Faye Dunaway - Eyes of Laura Mars

Mais karma is a kitsch bitch. Puisqu’elle impose au monde sa vision perverse de la société, elle va commencer elle-même à avoir des visions. Et pas n’importe lesquelles : elle va voir à travers les yeux d’un serial killer qui, au fur et à mesure, trucide tous ses amis brushingués et décadents. A-ha ! Tu fais moins ta maligne avec tes épaulettes ! Evidemment, Faye, elle flippe, alors, elle va voir les flics et c’est Tommy Lee Jones sans brushing mais en mode beau gosse, qui est chargé de découvrir qui zigouille tous ses potes. Et sinon, je t’ai dit que c’était kitsch ?

 

4 – SE7EN
David Fincher, USA, 1996

Scénario : Andrew Kevin Walker
Avec Brad Pitt, Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow, Kevin Spacey

seven-david-fincher

Comme disait notre Johnny Halliday national (en dépit du fait qu’il était totalement belge) : « Noir, c’est noir. Il n’y a plus d’espoir. » Si c’est dimanche soir, que t’as un coup de cafard et que t’as envie d’un bon chocolat chaud, d’une couette et d’un film feel-good avec des bisounours, des licornes et/ou Julia Roberts, autant te le dire tout de suite, évite Se7en, le deuxième long-métrage de David Fincher. Parce que David, il n’est pas là pour faire des colliers de fleurs en fredonnant du Maxime Leforestier. Non, madame, il a une histoire de serial killer à raconter. Et un serial killer bien creepy, en plus. Du genre qui fait subir à ses victimes des sévices dignes des esprits les plus créatifs de l’Inquisition espagnole (que personne n’attend, c’est bien connu) en se basant sur les 7 pêchés capitaux et les œuvres, déjà torturées à la base, de Milton et Dante. A ses trousses, il y a deux enquêteurs, deux archétypes que tout oppose. Pour Mills (Brad Pitt), c’est une première enquête dans un nouveau service, pour Somerset (Morgan Freeman), la der des der avant la retraite. L’un est jeune, fougueux, idéaliste. L’autre, vieux, blasé, désabusé. L’un est dans l’action, l’autre dans la réflexion. L’un est sanguin, l’autre cérébral. L’un est maqué avec Gwyneth Paltrow, l’autre est vieux garçon. L’un est blanc, l’autre noir, l’un est beau, l’autre est Morgan Freeman (qui est une catégorie à part). Et puis, il y a la ville, anonyme, où le pêché est partout, et l’agression, continuelle – au propre comme au figuré. L’être humain s’y débat au milieu du vacarme, de la foule oppressante et sous la pluie, poisseuse, qui détrampe tout en permanence (comme dans Blade Runner, autre chef-d’œuvre néo-noir). Bref, tu l’auras compris, on est loin de tirelipimpon sur le chihuahua. Heureusement, ça finit bien… tellement que je me rappelle à l’époque être restée dans mon fauteuil de cinéma, choquée, pendant au moins 5 minutes après la fin du générique (Oui, je sais, je fais pas mon âge). L’intérêt, par contre, c’est qu’après avoir vu Se7en, tu ne regarderas plus jamais un arbre magique de la même manière.

Pour une (vraie) analyse sympa du film, il y a aussi cet excellent article sur Oblikon, à lire ICI.

 

3 – MILLENIUM, LES HOMMES QUI N’AIMAIENT PAS LES FEMMES (The Girl with the Dragon Tattoo)
David Fincher, USA, 2011

Scénario : Steven Zaillian d’après Millenium, Män som hatar kvinnor de Stieg Larsson (2005)
Avec Daniel Craig, Rooney Mara, Stellan Skarsgard

Millennium-girl with the dragon tattoo

Quand Sony décide d’adapter le best-seller de Stieg Larsson, Millenium, l’idée, c’est de miser à fond sur une authentique ambiance suédoise, avec tournage en vraie Suède (et aussi un peu à L.A), de la vraie neige, des vraies boulettes de viande, des gens qui roulent vraiment en Volvo et des meubles IKEA. Bon, par contre, pas avec des acteurs suédois, hein. Faut pas exagérer. D’accord, Noomi Rapace est géniale dans l’adaptation vraiment suédoise de 2009, mais au bout d’un moment, trop de Suédoises tuent l’ambiance suédoise. Non, on va plutôt mettre des Anglais (Daniel Craig et Julian Sands), des Américaines (Rooney Mara et Robin Wright), même un Canadien (Christopher Plummer) mais pas des Suédois. Enfin, vous n’y pensez pas, personne ne les connaît, ces gens-là ! Ils vont pas nous le vendre, notre film ! Ou alors Scarlett Johansson ? Avec un nom pareil, elle doit bien être de là-bas, non ? (Rigole pas, elle a vraiment été considérée pour le rôle de Lisbeth) Non, si, je sais ! Il y a Stellan Skarsgard. Lui, voilà, on le connait, il a joué dans plein de films américains et dans ceux de Lars Von Trier (qui est danois mais bon, on va pas chipoter). Voilà, en gros, Stellan Skargard, c’est le Jean Reno suédois.

Stellan Skarsgard Martin Vanger

OK, on a tout, on peut à présent laisser David Fincher nous plonger avec sa maîtrise habituelle dans un thriller glacé aux couleurs délavées autour d’une affaire de disparition, de rancunes familiales, d’un violeur tueur en série, de Nazis et de mecs tracassés atteints de misogynie pathologique. A ce propos, rappelons au passage que le titre original du bouquin se traduit par les hommes qui haïssaient les femmes. Il n’y a que les Américains qui ont trouvé que le féminisme, c’était bien sympa, mais c’était comme les Suédois, ça faisait pas vendre des films (ni des livres, d’ailleurs), alors, ils ont remplacé par une histoire de dragon. Comme ça, ça fait tout de suite plus Hobbit que ‘tite bite et tout le monde est content. Ils ont d’ailleurs aussi fait de Lisbeth Salander, l’héroïne hackeuse asociale et totalement badass, une hétéro qui succombe au charme de James, oh, James… Pardon, Daniel Craig alors que dans les bouquins (et les films suédois), elle est clairement bi, tendance goudou. Mais les lesbiennes, c’est comme le féminisme et comme les Suédois…  (Pour un résumé très complet des différences entre les adaptations suédoise et américaine et la façon dont la version US édulcore le message féministe des bouquins, il y a cet article ICI)

Ça n’empêche que ça reste un super film que je ne peux que te conseiller de voir ou de revoir, tout en signalant tout de même qu’il contient quelques scènes qu’on pourrait qualifier de « choc », voire d’ « insoutenables » selon le degré de sensibilité du spectateur, – dont une avec un chat et plusieurs avec une chatte. Viewer discretion est donc carrément advised. Maintenant que t’es prévenu(e), il te reste plus qu’à lancer ta compil ABBA Gold et profiter à fond d’une ambiance vraiment suédoise. Skol Ofenstrü ! (OK, promis, après, j’arrête les références à La Cité de la peur).

 

2 – ZODIAC
David Fincher, USA, 2007

Scénario : James Vanderbilt d’après Zodiac (1986) et Zodiac Unmasked (2002) de Robert Graysmith
Avec Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Robert Downey, Jr.

zodiac_2007

Troisième et dernier opus de ma trilogie Fincher (parce qu’au cas où t’aurais pas remarqué, je l’aime bien, ce petit gars qui débute) qui se penche cette fois sur le Tueur du zodiaque, véritable serial killer qui a terrorisé San Francisco à la fin des années 60 et qui avait déjà inspiré en partie le tueur de l’Inspecteur Harry. A noter qu’à l’époque, ils ont eu beau lâcher Clint Eastwood et son magnum .44 à ses trousses, le Zodiaque, ils l’ont jamais retrouvé et on ne saura probablement jamais qui c’était. En attendant, ça n’empêche pas de faire un film sur les trois gars qui ont peut-être, mais pas sûrs, on sait pas trop, failli peut-être, mais pas sûrs, on sait pas trop, le choper. Ces trois gars, ce sont Robert Graysmith (Jake Gyllenhaal), auteur des bouquins dont est tiré le scénario et à l’époque dessinateur au San Francisco Chronicle, un des journaux auxquels le tueur avait envoyé un petit message codé, sûrement parce qu’il en avait marre de jouer au scrabble tout seul de son côté ou qu’il râlait que le Sudoku ait pas encore été inventé. Mark Ruffalo est Dave Toschi, l’inspecteur pas Harry chargé de l’affaire et Robert Downey Jr joue Robert Downey, Jr… Ah non, pardon, Paul Avery, journaliste lui aussi au San Francisco Chronicle. Tu ajoutes à ça une minutieuse reconstitution du San Francisco de l’époque et une mise en scène au cordeau, tu saupoudres de quelques scènes bien angoissantes et t’obtiens ce petit bijou qui prouve que David Fincher (<3) est bien le maître incontesté du genre.

 


1 – LE SILENCE DES AGNEAUX (The Silence of the Lambs)
Jonathan Demme, USA, 1991

Scénario : Ted Tally d’après The Silence of the Lambs de Thomas Harris (1988)
Avec Jodie Foster, Anthony Hopkins, Scott Glenn

silence of the lambs

Alors, là, écoute. Je veux pas m’énerver mais au bout d’un moment, si t’as vraiment besoin de lire une chronique sur ce film parce que tu l’as jamais vu, ou alors si, peut-être vite fait, une fois y a longtemps, pendant que t’étais en vacances chez des cousins en Bretagne, je ne peux plus rien pour toi. Non mais tu sais que ce que tu rates ?! Eh bien, je vais te le dire, moi ! En vrac : Jodie Foster, l’un des méchants les plus cultes du cinéma en la personne d’Hannibal Lecter, Jodie Foster, le dernier film – et seulement le 3e de l’histoire – à avoir raflé les 5 Oscars principaux (meilleur film, meilleur réal, meilleur scénario, meilleure actrice principale, meilleur acteur principal), une super idée d’accompagnement pour un bon Chianti, Jodie Foster, des scènes d’anthologie tellement cultes qu’elles ont été parodiées des dizaines de fois, un film considéré comme un des 10 meilleurs des années 90, une excellente recette de flageolets, Jodie Foster, plein de détails passionnants sur les papillons de nuit, un film-charnière sur la représentation des femmes « fortes » à Hollywood (si tu parles anglais, je te conseille d’ailleurs cet excellent article sur le sujet à lire ICI), un des 100 meilleurs films de l’histoire et la preuve que même si Julianne Moore est top, Clarice Sterling, c’est et ce sera toujours Jodie.

Bon, ça y est, t’es convaincu(e), là ? Alors, fonce ! (Parce qu’en plus, y a Jodie Foster dedans)

 

 

 

Ha, ha ! Je vous ai bien eus ! Je déconnais. Evidemment, le meilleur film de serial killer, c’est et ce sera toujours celui-là !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s