Attention à la Mouette

Car oui, la Mouette rôde. Et la Mouette est fourbe.  

Mais avant de te parler du combat — héroïque, je ne te le cache pas – que je mène au quotidien contre cette créature maléfique, que dis-je machiavélique, je devrais peut-être commencer par t’expliquer ce qu’est la Mouette.

Ah, j’en vois dans le fond qui haussent les épaules. « Bah, c’est un oiseau, duh ! » Alors, là, l’ami, je t’arrête tout de suite. Ce dont tu parles là, c’est de la mouette commune. Un vulgaire volatile, certes passablement fourbe lui-même mais somme toute inoffensif, sauf lorsqu’il a acquis une telle maîtrise de ses sphincters qu’il est capable de te chier pile dans l’œil à l’instant où tu t’émerveilles innocemment de la pureté du bleu céleste (puisque je te dis qu’il est fourbe, cet enfoiré). Non, moi, je te parle de la Mouette avec un M majuscule.

mouette bob jones

La Mouette, vois-tu, c’est la poisse, les gros plans bien galère, la loi de l’emmerdement maximum, Murphy’s Law puissance 10. Le lose totale qui te traque, inlassable et sournoise, pour te pourrir la vie, t’empêcher de tourner en rond, te mettre à la moindre occasion des bâtons dans les roues de ton scooter de loc’ (more on that later).

Juste une précision pour ceux du fond qui se demanderaient pourquoi ce nom de « mouette » si on ne parle pas d’oiseau (ceux, donc, que le lyrisme poignant de l’épisode « pureté céleste » n’a pas convaincus de la fourberie de l’animal en question. Merci de faire un effort, les gars), eh bien, sachez juste que c’est une longue histoire qui a un vague rapport avec l’IDTGV, Bordeaux et Nico, loutre barbue et accro à la moussaka dont tu entendras parler régulièrement – surtout parce que Nico fourmille d’idées moisies qu’il assume moyen et qu’il préfère me refourguer, comme celle de ce blog par exemple. Alors, autant faire les présentations tout de suite.

Loutre flemmarde

Ce concept de la Mouette a aussi donné le verbe mouetter. Si tu n’as pas encore compris le concept (mais t’es sûr que t’y mets pas un peu de mauvaise volonté, là ?) imagine que tu te retrouves pour une raison qui t’échappe à toi-même dans un village paumé en rase campagne et que la seule solution pour rentrer chez toi, ce soit de prendre le dernier bus de la journée. Dans un monde Mouette-free, tu débarques tranquillement à l’arrêt 5 minutes avant le départ, tu as pile la monnaie qu’il te faut pour te payer un billet, le bus est aux trois-quarts vide et tu t’installes tranquillou près de la fenêtre pour admirer le paysage qui dore sous les deniers rayons du soleil couchant avant d’arriver chez toi, d’ouvrir ton frigo bien rempli et de t’installer devant Julie Lescaut avec une assiette fumante de spaghettis bolognaise.

Maintenant, imagine que la Mouette t’ait dans le collimateur. Dans cet univers-là, tu arrives tranquillement à une cinquantaine de mètres de l’arrêt de bus juste à temps pour voir le dernier bus de la journée se barrer sous ton nez avec 5 bonnes minutes d’avance. N’écoutant que ton courage, tu t’élances derrière lui en agitant les bras comme aux plus belles heures de la Tektonik, sauf que tu trébuches sur un hérisson mort savamment dispersé au milieu de la route (eh oui, c’est ça aussi la campagne) et que tu t’étales de tout ton long sur l’asphalte en éclatant au passage ton portable que tu tenais à la main, ce qui ruine à tout jamais tes espoirs d’appeler un Uber (de toute façon, y a pas de Uber, t’es en pleine cambrouse). Tu te retrouves, du coup, à marcher pendant des kilomètres alors que le temps change, évidemment, subitement et qu’il se met à tomber des trombes d’eau. En moins de 5 minutes, t’es trempé comme une soupe par les bagnoles qui passent à tout berzingue dans les flaques à côté de toi sans s’arrêter, tu prends un raccourci que jamais tu ne trouvas et tu finis bouffé par les loups en pleine forêt comme dans les meilleurs clips de Mylène Farmer (la neige est en option).  

Ça, mon ami, c’est la Mouette avec un M majuscule.

Dans ce blog, j’ai décidé de m’élever contre ce fléau moderne.

J’ai décidé de te raconter comment, tous les jours, je me dresse inlassablement contre cette créature abjecte, que ce soit quand je pars en voyage ou que je me lève de mon canapé (c’est plus périlleux qu’il n’y paraît), que je fais du sport ou que je commande une pizza, et surtout comment, la plupart du temps, c’est quand même elle qui gagne (spoiler : elle triche).

Et je promets, bien entendu, de le faire de la façon la plus sobre et réaliste possible mais ça, tu l’avais déjà compris.

Tu me suis ? Allez, accroche ta ceinture et attention à la mouette.

Mouette photobomb

Crédit photos : (1) Photo by Bob Jones. (3) IG : @nic_klr